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« Les seniors sont des acteurs absolument clés de la transition écologique ! »

  • Société / Politiques publiques

Pour Amélie Deloffre, cofondatrice de Parlons Climat, les seniors ont toute leur place dans le débat écologique. S’appuyant sur plusieurs années de recherches consacrées à des publics souvent perçus comme « peu engagés », elle bouscule les idées reçues dans une nouvelle étude intitulée « Les seniors et l’engagement climatique ». Celle-ci apporte un éclairage précieux sur une génération aux formes d’implication diverses, dont le potentiel d’action reste largement méconnu et trop souvent sous-estimé.

janvier 2026

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Pourquoi avez-vous choisi de consacrer une étude spécifique aux seniors ?
Amélie Deloffre

Nous souhaitions mieux documenter un public encore largement invisibilisé et peu étudié. Les seniors sont souvent enfermés dans des stéréotypes, présentés comme moins engagés, plus conservateurs, voire tenus pour responsables de la surconsommation, alors que la réalité est bien plus nuancée. Il nous paraissait essentiel d’aller au-delà des clichés pour analyser leurs freins, leurs leviers d’engagement et, surtout, les moyens de les mobiliser.

Qu’avez-vous découvert sur les valeurs de cette génération ?
A.D.

Ils en partagent un grand nombre avec le reste de la société, plus qu’on ne l’imagine. Il existe naturellement des spécificités liées à l’âge et à l’époque dans laquelle ils ont grandi, mais ce qui m’a marquée, c’est la diversité des profils interrogés. Les seniors constituent en réalité un groupe très hétérogène, à l’image de l’ensemble de la population. Ce qui ressort fortement, c’est leur envie de participer, d’être utiles, et leur fort attachement au collectif.

Comment se mobilisent-ils le plus au quotidien ?
A.D.

Les formes d’engagement les plus valorisées aujourd’hui, comme acheter d’occasion, prendre les transports ou se déplacer à vélo leur sont souvent moins accessibles, pour des raisons de santé, ou bien parce qu’ils vivent en milieu rural. En revanche, ils sont très actifs dans les démarches collectives : voter, participer à la vie locale, s’investir dans des associations. Pourtant, cette mobilisation reste peu visible. La sous-représentation médiatique des seniors entretient un écart entre les perceptions et la réalité. Sur le terrain, notamment dans la Drôme et le Vaucluse, où je me suis rendue, ils font vivre bibliothèques, fêtes de village, épiceries solidaires ou comités municipaux. Omniprésents dans leurs communes, ils demeurent largement invisibles à l’échelle nationale, ce qui freine la mise en valeur de modèles inspirants pour d’autres seniors désireux de s’engager.

Votre étude mentionne 37 % de climatosceptiques chez les seniors. Comment l’expliquez-vous ?
A.D.

Le climatoscepticisme n’est pas une question de niveau de connaissances. C’est d’abord une question d’idéologie politique, comme dans le reste de la population. Une autre explication possible est la difficulté pour eux de naviguer dans la surabondance d’informations. Aujourd’hui, ils sont davantage désorientés par les discours contradictoires ou faux. Et puis, certains se sentent pointés du doigt ou impuissants face à des solutions plébiscitées qui leur sont inaccessibles pour des raisons de santé ou bien d’absence d’infrastructures adaptées. Le scepticisme chez eux est alors davantage une réaction face à l’injustice et au rejet dont ils sentent victimes, plutôt qu’un réel désaccord de fond.

La culpabilisation des « baby-boomers », perçus comme responsables de l’état de la planète, joue-t-elle un rôle ?
A.D.

Oui, elle crée du rejet. Leur dire « c’est votre faute, vous avez vécu dans la surconsommation » est profondément injuste. En échangeant avec eux, ils ont souligné qu’ils ont été pris dans un système étant plus jeunes, dont ils n’étaient pas maîtres, comme nous le vivons aujourd’hui avec les réseaux sociaux par exemple. Et surtout, plusieurs études montrent que les jeunes sont aujourd’hui beaucoup plus concernés par l’hyperconsommation que les seniors. La culpabilisation est non seulement fausse, mais contre-productive. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs rappelé que la sobriété n’est pas nouvelle pour eux : réparer, garder les objets longtemps, consommer peu… Ce sont des pratiques héritées de leur enfance, mais qui ne sont plus autant valorisées.

Les seniors sont-ils favorables aux politiques publiques environnementales ?
A.D.

Très clairement oui, dès lors que les règles sont jugées justes. Leur génération a grandi dans l’après-guerre et elle s’est construite avec l’idée qu’il était impératif de respecter des règles, faire des compromis, accepter parfois des sacrifices. Ce qui est frappant, c’est qu’ils se disent prêts à accepter une règle même si elle les contraint, à condition qu’elle soit juste, qu’elle s’applique à tous et qu’elle repose sur un effort partagé. La notion de justice sociale est absolument centrale pour eux.

Comment interagissent-ils sur ces sujets écologiques dans leur propre famille ?
A.D.

Les seniors déjà convaincus ne cherchent pas à persuader coûte que coûte leurs enfants ou petits-enfants. Leur posture est plus humble : ils considèrent que « chacun doit faire son chemin ». Certains seniors sont d’ailleurs plus engagés que leurs enfants, mais ils ne cherchent pas à provoquer d’affrontement idéologique. Leur mode d’action passe davantage par l’associatif et le vote que par la persuasion directe.

Qu’avez-vous observé chez les seniors les plus engagés ?
A.D.

Derrière le terme « engagement » se cache une grande diversité de parcours. On y trouve d’anciens professionnels qui demeurent actifs après la retraite, des bénévoles associatifs issus des métiers du soin ou de l’éducation, des membres de communautés religieuses, ainsi que de simples habitants investis dans la vie et les initiatives locales. S’y ajoutent des militants engagés de longue date, parfois depuis leur jeunesse, au sein de partis politiques ou d’associations environnementales. Nombre d’entre eux recherchent une structure en adéquation avec leur identité, leurs compétences et leurs valeurs, tout en étant accessible sur leur territoire.

Comment mobiliser encore davantage les seniors ?
A.D.

En leur proposant des formes d’engagement adaptées : locales, collectives et non militantes au sens traditionnel. En consolidant les dispositifs de démocratie participative : conventions citoyennes, assemblées locales… Ils aiment débattre, écouter, trouver des compromis. Ils ont du temps, du recul et une vraie capacité à s’investir sur la durée.

Quelles leçons tirez-vous de cette étude ?
A.D.

La première leçon, c’est qu’on ne pourra rien faire sans les seniors. Ils sont des acteurs absolument clés de la transition écologique, à condition de leur donner toute leur place. Ils sont disponibles, expérimentés, ancrés dans les territoires. Ils ont aussi un sens précieux du collectif, leur engagement démocratique est constant, que ce soit par les votes ou les consultations locales. Pour les mobiliser largement, il faut remettre au centre des causes transpartisanes, comme la lutte contre la pollution et les pesticides, ou la sortie progressive des énergies fossiles. Cela suppose aussi de rendre les enjeux écologiques plus lisibles dans un paysage médiatique saturé et de mieux valoriser l’engagement associatif des seniors, pour en faire un moteur d’entraînement collectif.

Les seniors de demain ressembleront-ils à ceux d’aujourd’hui ?
A.D.

En partie oui, en raison d’effets liés à l’âge, et en partie non, car les générations futures ont grandi avec un autre rapport à l’écologie et à l’individualisme. Je reste toutefois optimiste : les crises à venir pousseront probablement les jeunes générations à se tourner davantage vers le collectif, à l’image des seniors d’aujourd’hui.

Un message pour les seniors qui liront l’étude ?
A.D.

Oui. Trouvez votre place : regroupez-vous, cherchez des initiatives proches de chez vous, utilisez le temps que vous offre votre retraite comme un moment pour recréer du lien, pour transmettre, pour contribuer. Et n’hésitez pas à vous faire accompagner : beaucoup d’entre vous n’osent pas franchir la porte d’une association, alors qu’il existe une multitude de manières de vous rendre utile et d’y trouver beaucoup d’épanouissement personnel.

29 % des seniors (65-80 ans)

placent l’environnement et le climat parmi leurs trois priorités pour la France, soit davantage que les moins de 35 ans (24 %).

80 %

déclarent toujours voter aux élections (un score bien supérieur à la moyenne française estimée à 58 %).

24 %

des bénévoles associatifs sont des seniors, et parmi eux, 40 % occupent des fonctions clés.

En savoir plus
  • Le site Parlons Climat pour accéder à l’étude complète « Les seniors et l’engagement climatique »
  • Consulter l’infographie « Changement climatique : comment a évolué l’opinion des Français en 10 ans ? »
Sur le même sujet
  • #changement climatique
  • #engagement
  • #séniors
  • #transition écologique
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